Voyage Missionnaire Janvier 2010
|
VOYAGE du 6 au 28 janvier 2010
Avec Michel Leonowicz, Albert Leclercq et Valérie Bertin
Suite à notre visite de 2008 à Kinshasa et à Mbuji-Mayi (en RD Congo), nous avions prévu de continuer nos visites par la découverte des différentes régions non visitées et pour aider à développer les structures de l’église sur place.
C’est ainsi que du 6 au 27 janvier 2010, Michel Léonowicz et Albert Leclercq ont visité le pays. Ils seront rejoints par notre secrétaire missionnaire de France : Valérie Bertin de Nice, le 16 janvier.
La première partie du voyage fut de visiter les églises du Sankuru (avec Lodja comme capitale, à plus de 1000 km de la capitale Kinshasa). Contacté par le pasteur Jean-Félix issu de l’église néo-apostolique, la Belgique avait entrepris un suivit de près pour leur envoyer les enseignements de nos églises. Nous avions eu l’occasion de le rencontre ce pasteur à Kinshasa et de recevoir un groupe qui a fait le chemin à pieds de Lodja à Mbuji-Mayi en 2008 (600 km). Il nous fallait les rencontrer. Nous avons été pleinement impressionnés par leur accueil, mais surtout par leur désir de gagner cette région à l’évangile. Des trois églises du début, elles sont actuellement au nombre de 9 et pour la fin de l’année, 6 autres groupes sont en formation. Quel zèle. Nous avons tenu 4 journées de formation et d’évangélisation et les fruits ont suivi. A chaque appel un grand nombre ont marqué leur désir de faire des pas avec le Seigneur pour pleinement être des fils et des filles du royaume. La dernière réunion avec un moment fort de louange et plusieurs personnes qui parlent en langue pour la première fois restera un moment fort de cette visite. Mais nous avons aussi l’occasion de voir le Seigneur nous conduire dans des contacts et des projets préparés depuis longtemps. Comme projet humanitaire, nous les aidons à lancer le projet agricole sur les deux champs que l’église possède. La région a vraiment besoin de voir ces projets se développer et les rendre autonome. Nous aurons aussi l’occasion de trouver un terrain pour l’église principale, afin d’établir l’œuvre dans cette région. La visite à moto dans une église située à 33 km reste aussi un moment mémorable. Michel L. fait, à 62 ans, une première expérience sur ce type de véhicule. La joie des habitants de ce petit village de 1500 personnes (dont près de 200 se sont regroupés) est exubérante. Michel en garde un souvenir inoubliable. Mais la semaine passe très vite. Nous sommes obligés de revenir sur Kinshasa pour retrouver l’église de la capitale et notre secrétaire missionnaire. Valérie découvre ce pays pour la première fois, bien différent du Togo, mais elle s’y intègre accompagnée des deux habitués. Nous visitons les églises et elle reçoit un très bon accueil pour parler aux « mamans » des églises. Lors de la deuxième semaine, nous tenons un séminaire à l’Ecole Biblique Josué. Après trois années de persévérance et en suivant les cours dispensé par le Satellite Bible College d’Afrique du Sud (suite à la visite d’Erling en 2007), les dirigeants de l’école vont remettre plus de 60 certificats délivré par l’institut d’Afrique du Sud. C’est une grande fête très digne et marquée de par un renouvellement de la vision de conquête du pays. Mais nous sommes aussi très encouragés de voir leurs progrès dans le domaine du travail humanitaire. Sur place, en matinée, cinq enseignants accueillent les enfants non scolarisés du quartier pour leur offrir gratuitement les cours (250 enfants). Nous visiterons aussi un orphelinat tenu par le papa Eldige qui accueille 30 enfants abandonnés par leur famille et souvent traités comme des enfants « sorciers ». Merci Seigneur pour ces initiatives. Nous laissons aussi un don pour cet institution. Nous aiderons aussi un projet d’élevage de lapin, ce qui ne demande pas de nourriture spéciale puisque celui-ci se contente de manger de l’herbe. Mais la plus grande surprise est de recevoir le rapport du projet lancé à Mbuji-Mayi en 2008. Nous avions donné une somme d’argent pour lancer un projet d’atelier de couture qui a permi l’achat d’une machine à coudre et de tissus. 18 mois plus tard, ces femmes ont maintenant 4 machines à coudre. 10 femmes y travaillent et elles ont même lancé une école de couture pour les autres. Cela nous rappelle la parabole des talents. Un talent qui en produit plus de quatre, quel progrès !! Le travail de structuration de l’église continue, même si cette année nous avons du mettre un groupe en discipline pour ces disputes fréquentes. Ce n’est jamais très agréable d’agir ainsi mais cette attitude est absolument indispensable pour que l’ordre règne. Nous prions pour que la situation se stabilise d’ici peu. Je dois encore vous parler des progrès des groupes des pasteurs Damien et Muntu. Ces deux groupes ont vraiment un cœur pour gagner leur pays à Jésus, tout en ayant une ouverture pour le développement de la région. Cette vision reste notre priorité pour ce pays.
Mercredi 6 janvier 2010
Me voilà déjà à l’aéroport surveillant nos valises pendant que Michel essaie de trouver un dernier article oublié. Je n’ose pas dire que le voyage va commencer, car ce serait oublier les dernières semaines où de nombreuses démarches ont été faites pour que ce voyage soit une réussite.
Il faut mentionner les journées de préparation entre Michel et moi-même, le voyage en Normandie pour rencontrer le comité missionnaire, qui va nous donner le feu vert et débloquer une importante somme.
Il y a aussi les démarches pour l’obtention des visas pour l’équipe et l’intervention du pasteur Safari qui connaît le second conseiller de l’ambassade. Cette relation me permettra de gagner beaucoup de temps.
Il y a aussi les temps de prière passé à la préparation de ce voyage, les images reçues par Christiane et Tino, dans la première elle me voyait dans la gueule d’un loup et j’allais chercher des âmes. Le Seigneur intervient en bloquant sa gueule avec un gros bâton. Les versets encourageants que je reçois,…
Puis il y a les nombreux coups de fil, les gens à prévenir, les nouvelles à donner…
Et me voilà donc dans le long couloir de Brussels Airport avant de saluer Christiane et embarquer dans un Airbus qui ne partira qu’avec près de 30 minutes de retard. Le vol est agréable. Michel et moi-même avons de très bons contacts, Lui avec un homme d’affaires qui travaille dans différents pays d’Afrique et moi avec un ophtalmologue qui travaille pour l’OMS à Genève et qui revient pour mettre ses papiers en ordre. Son épouse a lancé des micros-crédits. Il me donne ses coordonnées. C’est une chrétienne convaincue de l‘Iturée, à l’est du pays qui a dû fuir sa nation à cause de la guerre.
Nous faisons escale à Douala avec 60 minutes de retard, et nous craignons des retards sur Kinshasa. Mais l’excellent commandant de bord est vite reparti rattrapant ainsi une partie du retard. Nous arrivons sur place vers 20h41, où nous attendent l’ami et frère du pasteur Safari qui est un officiel dans l’aéroport, il ira récupérer nos valises (seulement après 1 heure), les frères du Conseil Spirituel sont là et ils vont nous conduire chez Maman Ndona.
Là une grande surprise nous attend. Maman n’est pas à la maison et le gardien nous attend pour le 8. Les lits ne sont pas faits et personne n’est dans la maison. Après un moment de panique, le gardien parvient à trouver les draps et nous pouvons rentrer toutes nos affaires et nous préparer pour la nuit, car il est déjà passé 23h00. Après une nuit «chaude» (plus de 30° de différence avec l’Europe), nous nous levons à nos rythmes respectifs. La maison est bien calme et je retrouve le gardien et la maman qui s’occupera de la cuisine et du logement. Cela nous rassure. Michel en profite pour dormir un peu plus longtemps. Et lorsque le gardien revient avec le pain, nous sortons nos provisions et mangeons un petit déjeuner bien de chez nous.
Le temps passe vite, nous avons à peine commencé notre temps de prière que la sœur de maman Ndona, la sœur Kembi, nous appelle pour nous avertir de sa venue. Il y a beaucoup de joie à la revoir elle et sa fille Laetitia (le même âge que la mienne, qui étudie en Afrique du Sud). Malheureusement la connexion internet ne fonctionne pas et nous devrons attendre pour envoyer la page du journal de la première journée.
Vers 11h00, le pasteur Safari vient nous chercher et nous allons chercher les billets à la compagnie CAA, une des seules à fournir la ville de Lodja; Cette ville située au centre du pays (Nord de la province du Kasaï Oriental) avait 60.000 habitants en 2000, mais atteint maintenant les 250.000. Il y a de grands besoin, mais aussi de belles opportunités pour les gens de choisir l’Evangile. (Le billet nous coûte cher 1200 $ en tout).
Nous nous dirigeons vers le quartier Gombe Centre avec ses hauts bâtiments et ses restaurants, dont l’un a un service rapide selon les dires de Safari. Il n’avait pas tord. Nous mangeons pour pas trop cher.
Sur le chemin de retour, nous passons aussi au supermarché pour compléter les achats et remplir le frigo.
Après une petite sieste bien tr
A la liste des bonnes choses et des moins bonnes choses, nous abordons la problématique des failles entre les deux sphères spirituelles et la question de savoir comment la gérer. Cela touche un pasteur d‘une de nos communautés et la règle de non gérance a été impliquée, mais cela mettait le CS en porte-à-faux avec sa structure et ses relations avec les deux parties. Comme le pasteur Kabuya ne voit pas en quoi il doit faire une démarche de réconciliation, il ne s’est pas soumis à la décision des ses frères. Nous continuerons demain à 10h00. Vers 17h30, nous arrivons à l’église de Safari qui traite le thème de «travailler de ses mains». Michel donne une très belle exhortation et nous terminons par un moment de prière précis et de défis pour lancer un petit projet d’élevage de lapins (200 dollars sont investis dans le projet d’élevage de lapins). Je profite d’envoyer mes mails du bureau de l’église. Après la rencontre vers 18h00, nous sommes invités chez un couple d’hommes d’affaires et on atterrit finalement au cercle de Kinshasa où l’on partage un repas offert gracieusement (et au-dessus des prix convenables!). Vendredi 8 janvier 2010
Nous profitons un peu mieux de notre deuxième nuit au Congo, la chaleur nous est moins désagréable. Notre organisme s’habitue, le dos de Michel devra encore s’y faire, car les changements de matelas ne sont pas évidents.
La journée commence avec rapidité, car ce matin, il nous faut rencontrer une partie du Conseil Spirituel de l’Eglise Apostolique en RD Congo. Normalement nous devrions être une dizaine de représentants, car chaque responsable d’un groupe apostolique a le droit d’y siéger, mais plusieurs ont manqué à l’appel.
Michel Léonowicz commence la journée par une méditation qui va marquer la journée. Il nous rappelle que nous sommes des « ministres » de la réconciliation et que nous devenons alors des ambassadeurs du Roi pour amener la réconciliation. Le moment de prière qui suit est rempli de la présence de Dieu : nous nous sentons comme dans une ambassade en sécurité et tous les terroristes et ennemis du Royaume n’ont pas la permission d’y entrer. Et après cela les cœurs sont confiants, plus de mauvaise compréhension, plus de tension, mais un cœur pour aborder la prochaine étape qui sera celle de se choisir une nouvelle équipe pour travailler dans ce pays. L’idée de voir l’EARDC prendre le relais des églises indépendantes du début… pour devenir la seule église fait son chemin : nous voyons là les fruits de notre travail depuis plusieurs années. Le Seigneur est bon !
La réunion se prolonge jusqu’à 14h30 et une paix est là pour les deux parties de notre voyage. Nous devons nous préparer pour demain, car l’avion part très tôt et il faut quitter la maison à 5h00 pour l’enregistrement des bagages.
Nous mangeons chez Maman Ndona et c’est sa sœur Kembi, qui nous a préparé du plantain, plante verte et du bon poisson (ah, quel goût; cela vaut le déplacement !)
Après une petite pause (une sieste quoi) nécessaire pour récupérer le choc thermique, nous partons peu après 16h00 pour rejoindre le croisement du Boulevard du 30 Juin où l’on trouve des petits magasins et surtout un cybercafé bien agencé. Les prix ont beaucoup monté depuis a dernière fois : les 30 minutes nous coûtent 1000 FRC (900 FRC = 1 $), en connexion directe avec mon ordinateur, je paie 1500. C’est l’occasion de lire nos mails, d’envoyer le petit journal et de prendre des nouvelles du pays et de l’église.
Merci de prendre à cœur la visite de cette petite ville de 250.000 habitants, avec ses défis, mais aussi avec une percée de l’évangile. Priez pour que des cœurs viennent à la vie, soient pleinement libérés de toute entrave et que son règne vienne durant ces jours.
Samedi 9 janvier 2010
C’est aujourd’hui le grand jour. En effet, après des années d’attente, nous voyons l’accomplissement de nos prières : le voyage vers Lodja. Pour bien comprendre ce voyage, il faut remonter il y a plus de 4 ans lorsque le pasteur Jean-Félix a contacté, via mail, le pasteur Albert pour prendre contact avec notre église. Issu du milieu néo-apostolique, et ayant constaté de graves dérives sectaires dans le fonctionnement de cette secte, (voir le site www.apostolique.org), il désirait s’ouvrir à une collaboration avec une église de type apostolique.
Après de nombreux mails et conseils, ces églises ont grandi en maturité et en nombre. Des trois églises, elles en comptent maintenant 9. La visite du pasteur Jean Mukandila, le représentant régional, a été suivie de fruits merveilleux : des conversions, des baptêmes d’eau et des baptêmes dans le Saint-Esprit.
C’est lors de nos précédentes visites en RDC que nous avions d’abord rencontré le pasteur à Kinshasa et ensuite une délégation de 7 personnes qui avaient fait le chemin jusqu’à Mbuji-Mayi à pied. De cette rencontre nos cœurs ne pouvaient pas rester insensibles. Notre décision allait vite être prise de venir les visiter.
Dès 4h00 du matin, nous sommes en pleine préparation pour ce voyage. Le pasteur Kiala, qui a dormi sur place, nous conduit pour arriver avant 5h30 à l’agence et enregistrer nos bagages. Là, après de nombreuses tracasseries administratives (entendez par là des taxes supplémentaires, une balance un peu truquée,…) nous rencontrons le docteur Timothée, Américain qui travaille depuis 15 ans à Lodja. Il connaît très bien le pasteur Safari et vient couramment se fournir en messages audio.
Durant le voyage je me rendrais compte que nous avons des amis communs et qu’il est souvent venu en Belgique et… que son fils a participé à la dernière CJ. « Le monde est petit ! » m’a-t-il dit avec son accent charmant de Dallas.
Nous avons la surprise de monter avec 30 minutes de retard dans un… Antonov de 36 places (avion russe avec deux hélices et un pilote capable de se poser sur des pistes de terre). C’est une aventure unique, je me hâte de vous montrer les images du décollage que nous avons prises (avec le son c’est mieux) !
A l’aéroport, c’est la joie extraordinaire du pasteur Jean-Félix qui danse en nous voyant, introduit par une récitation d’enfant et de nombreux chants (l’un à la descente de l’avion, un autre en sortant de la piste, un autre en dehors de l’aéroport et les derniers tout au long du trajet vers l’église dans leur bus avec les fenêtres ouvertes. Quel accueil !
Nous arrivons à l’église pour le moment officiel de bienvenue. Chacun pourra y donner un petit mo
Nous logeons à la mission catholique et les contacts sont très positifs. Nous avons l’occasion de témoigner à plusieurs personnes (dont le frère André). C’est super de voir que le Seigneur a ouvert les cœurs.
Dimanche 10 janvier 2010
Nous voilà déjà debout vers 7h00 du matin pour nous préparer pour le culte de ce matin. Michel prend la première partie et je finis par le second message et l’appel. Tout cela en 2 heures de temps, car dans la région les églises n’apprécient pas les longues réunions du dimanche matin.
Nous déjeunons vers 8h00 et après 30 minutes, les pasteurs Jean-Félix et Jean sont déjà là pour venir nous chercher. Nous partageons avec eux et prenons le temps de prier pour le culte. Nous partons en pleine découverte de cette partie du Congo encore si méconnue pour nous. Pour aller à l’église (environ 2 km) le pasteur Jean conduit d’abord Michel à moto, avant de me prendre. Je propose au pasteur Jean-Félix de faire le chemin à pied. Je me sens un peu perdu, car nous sommes vraiment dans l’Afrique profonde. Pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de route, pas de voiture, pas de miroir, … enfin la véritable Afrique en RD Congo.
Nous arrivons à l’église pour le culte qui commence avec des chants bien rythmés et ensuite nous pouvons prendre la parole. Michel parle du passage de Genèse 18, où Abraham intercédait pour son neveu, passage pour introduire le thème de la semaine sur la réalité du Royaume de Dieu. Vers 11h00, c’est au tour d’Albert de prendre le verset de Math 4:17 et la première prédication de Jésus : « Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche». Après le message et l’invitation à devenir citoyen de ce royaume, 95% de l’assemblée se lève à l’appel (et même des responsables). Le besoin d’enseignement est grand et nous percevons les défis de cette région. Cela nous aide grandement pour la formation de demain.
A la fin du culte, nous saluons les personnes présentes. Certaines viennent de loin, de Mbuji-Mayi (500 km de piste où seules les motos et les vélos peuvent voyager), d’autres des villages environnants (le pasteur Jean-Félix va visiter une église à 180 km et des membres sont présents, ils ont fait le trajet à pied). En parlant de trajet à pied, Michel a eu l’occasion de présenter l’équipe qui avait fait le trajet à pied de L
Pour le retour, Michel est ramené le premier, et je suis invité par Jean, le chef de région exerçant son autorité sur 1.800 km² avec 60.000 habitants. Il me reconduit à notre logement. Notre partage est très intéressant et on s’échange nos adresses.
En attendant le repas, on va parler sous la paillotte et on entrevoit même la possibilité d’acheter un terrain, car l’église doit toujours louer l’endroit de culte. Les prix sont ici abordables (à la différence des grandes villes comme Kinshasa et Mbuji-Mayi.
Après notre moment de repos, nous recevons la visite surprise du pasteur Pierre-Albert et son épouse… belge… avec leurs trois enfants. Quelle joie de trouver une Belge travaillant pour le Seigneur dans ce trou perdu, quel encouragement de voir leur engagement. Ingénieur agronome congolais, il a épousé une fille de Lasnes et ils ont décidé de rentrer au pays pour mettre sur pied un centre de formation agricole et théologique. Nous partageons leur vision et nos adresses, nous irons les visiter lors d’un moment de libre.
Après cela nous allons au collège pour recharger nos batteries (au sens propre) lorsque la pluie nous oblige à rester là plus longtemps.
Lundi 11 janvier 2010
C’est la première journée de formation avec les pasteurs. Nous arrivons à 9h30 (eh oui, on nous fait attendre avant que la salle soit prête).
Au début nous ne sommes qu’une trentaine, mais au fur et à mesure, le nombre augmente et nous atteignons les 60 à 70 participants.
Michel commence son thème sur l’église et la vision de Dieu au travers de sa création. C’est réjouissant de voir leur attention et leur réceptivité. Nous sommes obligés de nous adapter sans arrêt pour ne pas prendre des exemples trop «européens».
Dans la deuxième partie, je présente les ministères bibliques selon Eph 4:11 et la place des ministères d’ancien et de diacre. Avec plusieurs exemples, nous tâchons de les ramener sans arrêt à la Parole pour construire leur foi. Les cœurs sont ouverts et réceptifs, plusieurs pasteurs de la ville sont là pour profiter de notre passage. Merci Seigneur. Il leur manque un modèle, car ils ont grandi comme des orphelins. Nous sommes très heureux de ce que Dieu fait.
Après une sieste méritée, nous partons à pied et le soleil frappe très fort, je ne me rends pas compte, mais arrivé à la parcelle (2 km), j’ai mal de tête et dois boire énormément (heureusement que j’ai ma pompe à la maison, car nous buvons plusieurs litres par jour). Cela me soulage, mais je commande une casquette pour tous mes futurs déplacements.
En ce premier jour, nous « faisons l’œuvre d’un évangéliste» comme dit Paul. Je commence à présenter le Roi de ce royaume et sa puissance sur tous les éléments et maladies. Et je conclus par l’invitation à devenir des fils et des filles de Dieu. Là encore, la salle est touchée par le message et un grand nombre répond à l’appel. Nous prions ensuite pour les malades qui le désirent et le nombre n’est pas moins grand.
Michel suit en parlant de Jean 3 et la nécessité de naître de nouveau pour entrer dans le royaume de Dieu. Le message est clair et nous terminons par un moment de prière et de consécration.
Les pasteurs sont vraiment très contents de voir l’œuvre de Dieu se manifester. Ils ont travaillé dur durant toutes ses années et n’osaient même pas rêver de ce voyage. Ils viennent nous rejoindre dans la maison d’accueil et Michel restera avec eux très tard, me laissant le soin de me préparer pour le lendemain.
Nous partageons sur la manière que le Seigneur désire nous conduire. Nous nous attendons à voir de grandes choses demain encore.
Mardi 12 janvier 2010
La nuit est un peu courte. Il parait que je ronfle… ! Mais la chaleur amène de la fatigue, nous le sentons.
Ce qui nous donne le temps d’être levés très tôt et de rester un peu au calme pour nous préparer. A 8h30 nous partons pour être là à l’heure et les encourager à commencer selon l’horaire prévu.
Le nombre de participants n’a pas beaucoup changé. C’est une vingtaine de pasteurs de la région et une bonne trentaine de responsables. Nous enseignons sur les différents aspects de la vie de l’église (Michel) et sur la direction de l’église dans les Actes des apôtres ou comment affronter les difficultés et les gérer par le Saint-Esprit.
Nous répondons aussi à de nombreuses questions que les participants avaient eu l’occasion d’écrire sur un papier pour que nous puissions y répondre.
Même si le niveau du français n’est pas encore au mieux (nous sommes traduits en mutetela—une Bible existe dans cette langue). A la question de savoir combien ont une bible, seuls les pasteurs lèvent la main. Nous décidons de trouver d’urgence des Bibles dans cette langue pour pouvoir en offrir aux anciens et responsables.
Michel partage aussi la parole prophétique reçue hier du Seigneur : «Lisez et méditez ma Parole, pas des livres sur ma parole!»
La chaleur humide est vraiment pesante sur nous, même avec ma nouvelle casquette. Nous en faisons l’expérience lorsqu’à 14h00 nous voulons aller à pied au bâtiment de Caritas, qui malheureusement n’ouvre qu’à 15h00. L’aller retour de 20 minutes nous épuise littéralement. Nous demandons qu’on vienne nous chercher pour le séminaire. La douche n’a pas eu d’effet à long terme.
Avant notre départ, le frère André (enseignant dans l’école secondaire catholique) vient nous trouver et nous partage qu’il avait eu une image où il voyait deux taureaux à pieds d’éléphant … bleu), et suite à notre invitation, il est venu nous voir, et son image est revenue lorsqu’il nous a vus avec le fond bleu de la parcelle. Le bleu est ici la couleur du ciel et cela nous confirme dans le message du royaume. Ce frère s’avancera ce jour.
J’arrive à 15h00 sur la parcelle où trois personnes nous attendent, il faudra attendre une bonne demi-heure pour que Michel me rejoigne (une seule moto qui fait les allers-retours).
Je prends la première partie et traite des nouveaux cœurs que Dieu veut nous donner et comment Il veut opérer cette œuvre dans nos vies. Cette «opération» n’est possible que par le divin médecin et elle est gratuite. Une grande partie se lève à l’appel. Nous réalisons combien le besoin est grand dans ces régions où il y a beaucoup de sectes et peu d’enseignement biblique.
Michel reprend le message et amène l’assemblée à réaliser la gravité du péché et l’importance de le confesser à Dieu. Il fait alors un appel à venir au pied de la croix et toute l’église est devant pour recevoir le pardon et la grâce de Dieu. C’est un moment fort et nous prions ensemble.
Suit un moment de vraie joie devant le Seigneur avec des chants et des mouvements de corps (dans cette région certains chrétiens croient encore que danser est un péché). Quelle belle journée !
Nous rentrons fatigués, mais satisfaits. Le pasteur Pierre-Albert reconduit Michel. Il travaille parmi les femmes violées et est très content de nos prières qui allaient dans cette direction. Mercredi 13 janvier 2010
Nous voilà déjà à notre deuxième semaine, constatant que le temps passe très vite et que les expériences se succèdent ainsi que les rencontres, avec chacune des richesses extraordinaires.
Ce matin nous devons donner notre dernière formation aux responsables et nous nous sentons déjà proches de ces chrétiens que nous connaissons à peine. Les liens se font de plus en plus forts.
Michel prend la première partie et continue sur le thème de l’Eglise. Aujourd’hui nous abordons le thème plus spécifique du responsable, de ce que Dieu attend de lui. J’aurai la possibilité d’exposer les principes que Paul laisse à Timothée dans ses épîtres. Très riches et tellement actuels dans notre situation.
Dès la fin de la matinée, lors de la remise de nos cadeaux (livres des Editions Foi et Victoire : cours CIAC sur l’Eglise, le Ministère Pastoral et le livret «Ce que nous croyons»), il se met à pleuvoir et nous devons nous réfugier avec les responsables dans la petite maison à côté de la parcelle. Nous profitons en continuant à parler de la matière vue, avec nous l’évêque de l’Eglise Méthodiste qui prend des notes. C’est lui qui me propose de me reconduire à la mission lors de la première accalmie. Il faudra quand même se changer en arrivant.
Notre horaire est un peu chamboulé, Michel se demande ce qu’il en sera pour cet après-midi, mais la pluie s’arrête et après notre sieste, nous sommes pris en charge pour la dernière étape.
Avec un peu de retard sur le programme (mais cette fois-ci, l’excuse est très bonne), nous commençons l’enseignement sur le rôle du Saint-Esprit et plus particulièrement comme Celui qui produit la conviction, la régénération et la plénitude. Je prends la première partie et je termine par une prière. Michel prend la deuxième partie et fait un exposé plus clair sur le baptême du Saint-Esprit.
Nous passons ensuite à la partie pratique et nous prenons un temps de prière pour chacun, en demandant de l’aide aux pasteurs Pierre-André, Timothée et à l’évêque. C’est un moment sérieux, mais on sent que l’enseignement n’est pas courant ici. Michel nous fait alors entrer dans un temps de louange et nous invite à adorer le Seigneur tout en chantant en langues. Une douzaine de personnes ont parlé en langues pour la première fois, c’est merveilleux et cela fait monter le nombre des gens remplis du Saint-Esprit.
A ma grande joie le frère André s’est avancé et a été rempli du Saint-Esprit en parlant en langues. Merci Seigneur.
Pour terminer la journée, les pasteurs nous ont demandé de bénir le mariage de trois de leurs pasteurs. C’est merveilleux de le faire dans la simplicité et dans la joie, car cela ne se fait pas beaucoup dans les églises de réveil. Avec sérieux mais aussi une grande joie, nous terminons la cérémonie avec un nombre impressionnant de prises de photos. Nous revenons à la maison, fatigués, mais heureux de ces trois jours.
Jeudi 14 janvier 2010
Nous voilà debout dès tôt matin. Nous pensions profiter d’une bonne nuit, mais celle-ci est fraîche et la fraîcheur nous tire du sommeil avant 6h00. Nous en profitons pour prendre du temps pour respirer un peu.
Après le petit déjeuner, nous allons à l’école pour charger nos batteries et rencontrer la sœur Germaine, la préfète de l’école. Nous profitons de refaire notre budget et de voir comment gérer la deuxième partie de notre voyage à Kinshasa. Nous hésitons à faire venir autant de monde, alors qu’un virage semble se confirmer pour consolider l’œuvre au Kasaï.
A 10h00, le pasteur Pierre Albert vient nous chercher à moto pour visiter son centre. Aidés par une ONG et une organisation, lui et son épouse Béatrice (une belge de Lasnes) se sont installés dans ce petit coin de paradis pour développer un projet d’aide agricole et humanitaire dans la région. Il a un centre de formation pastorale qui s’étend sur 18 mois pour former les pasteurs sur les plans biblique (4 jours par semaine) agricole et piscicole (le mercredi). Nous sentons que la collaboration sera utile pour l’avenir des pasteurs de la région. Nous avons rencontré l’un de leurs enseignants (l’évêque méthodiste) et il nous a fait très bonne impression. Je réalise que l’ONG en question est connue en Belgique et que le président est un député européen du CDF qui s’occupe des transports et de l’acheminement de l’aide dans la région. Je prendrai contact avec lui dès mon retour pour voir comment envoyer de l’aide aux chrétiens de l’endroit qui sont vraiment loin de tout, si loin que tout est très cher pour construire, l’essence qui vaut 1 U$ à Kinshasa coûte ici 2,3 U$ à cause du transport par avion.
Nous découvrons avec lui tout le site de la cotonnerie tenue par des Belges avant l’indépendance (les machines sur place – en ruines – étaient datées des années 1933), mais le site a été abandonné, puis occupé dans les années 2000 par les rebelles qui ont tout détruit, puis ont fait démonter brique par brique par la personne qui s’occupait du site pour vendre le matériel. Le site est très grand et ils ont réussi à le faire utiliser pour les projets humanitaires. Depuis 5 ans, ils sont là pour retaper chaque endroit de la grande parcelle : leur maison, l’école dans les anciens hangars, un entrepôt et un terrain pour l’agriculture.
Nous passons un moment de valeur à leur écoute et dans le partage des bénédictions de Dieu. La présence de ce couple ici est une vraie bénédiction et on voit combien est riche l’aide de ceux qui reviennent au Congo pour reconstruire le pays. L’exemple de ce couple nous encourage.
Peu avant 17h00, nous prenons congé d’eux, sans avoir oublié d’offrir un pot de confiture et des bonbons aux enfants (Nathan 7 ans, Marie, 5 ans et Jérémie 1 an). Quelle joie de voir leur sourire et peu après de voir Jérémie avec un grande tartine de confiture à la fraise (fruit inconnu ici). Mais la pluie commence à tomber et nous paralyse pendant plus d’une heure, ici quand cela tombe tout s’arrête, c’est une journée de chômage.
Nous revenons donc avec du retard, équipés d’un blouson en polar (en pleine chaleur) pour nous protéger un peu, mais le passage d’un torrent d’eau à grande vitesse me laissera le bas du pantalon complètement mouillé.
Le soir une petite réunion d’évaluation nous fait changer de programme : demain des démarches seront faites pour l’achat du terrain.
Vendredi 15 janvier 2010
Après une bonne nuit de réparation, nous voilà déjà à notre dernière journée pleine à Lodja. Que d’impressions, que de souvenirs et ce n’est pas fini. Lorsque je me réveille, Michel est en train de parler avec les pasteurs et il décide d’aller visiter l’église d’Ungela à 33 km de Lodja. Il reste néanmoins les démarches pour l’achat du terrain et de la maison à conclure avant cela. Quelle course !
On a juste le temps de déjeuner et les choses se précipitent. D’une part la grande joie des frères qui apprennent le changement de programme et d’autre part les démarches administratives pour faire venir le chef du quartier et remplir le document de vente. Peu après 9h00 tout est en ordre. Michel peut partir pour le village.
On a un peu de crainte pour le voyage à moto, mais Michel supporte bien le voyage et arrive sur place après 1h20 de moto au travers de pistes et de sentiers très étroits, sans oublier de saluer le chef du village qui compte entre 1500 et 2000 personnes. Il fera l’honneur d’être à la réunion et Michel le bénira après avoir déclaré être heureux que l’œuvre de Dieu progresse dans son village. A l’église, l’accueil est plein de joie. Près de 200 personnes sont venues l’écouter (alors que l’église compte 70 membres). Après un moment de chant Michel prêche sur 1 Thess 1:15-23. Il fait un appel à la prière et chacun y passe. Un appel envers les enfants est suivi d’un moment de légères bousculades. Michel visite ensuite les maisons du pasteur Raymond Sombo, (où on lui offre des fruits) et celle d’un diacre. Le départ se fait à 12h30 et pour un voyage de 70 minutes.
De mon côté, je reste sur place pour passer à l’école, envoyer les Sms nécessaires à la suite du voyage et passer à Caritas pour envoyer les mails et enfin avoir accès à Internet ! J’y rencontre un couple très sympathique : Arnauld et Anne-Charlotte (jeune couple volontaire dans le cadre d’une ONG française), qu’on avait croisé sur la route l’autre jour.
Pour le dîner sont sommes invités par la mère supérieure (sœur Rosalie) du couvent où nous logeons. C’est un grand privilège et aussi une joie de voir que le travail lancé par un père belge (il y a presque 100 ans) continue et que parmi les sœurs, il y a les directrices des écoles primaire et secondaire et la directrice de l’hôpital qui est doctoresse. Nous partons en les bénissant et en prenant une photo.
Après un court repos, nous partons en moto chez le couple belge pour la soirée d’adieux. Nous passons en deux groupes sur la parcelle nouvellement achetée et nous prenons un temps de prière pour l’accomplissement de sa promesse.
Un repas est préparé pour une quinzaine d’invités (dont nos deux nouveaux amis français, le docteur Timothée, l’évêque Albert et nos pasteurs). Nous partageons sur l’évolution du travail missionnaire et sur l’importance de responsabiliser la population locale. C’est très intéressant de partager et de voir ce qui se fait dans chaque mission présente. Un esprit de collaboration et d’unité est perceptible. La confiance s’installe de part et d’autre. Nous terminons par un merveilleux moment de prière pour la région et le travail sur place. Gloire à Dieu ! Samedi 16 janvier 2010
Il est difficile de mettre des mots sur les émotions de cette journée. Une semaine que nous sommes à Lodja et déjà les cœurs se sont attachés aux habitants de ce «coin du monde». Joie d’avoir vu l’œuvre de Dieu, d’avoir vu l’encouragement de notre visite dans les églises et dans la vie des gens, mais aussi tristesse de la séparation. Les liens en Christ sont une réalité qu’on expérimente spécialement lors de ces moments.
Lever tôt pour préparer nos valises et attendre que chacun passe pour les adieux. On prie avec chacun, les recommandant à la grâce de Dieu.
Nous avons aussi la joie de voir les femmes des églises se mettre en mouvement pour lancer un projet pour cultiver les champs qui appartiennent à l’église. Elles écrivent un projet et nous l’acceptons. Projet d’acheter des outils et des semences de maïs et de riz, ainsi qu’un vélo pour se rendre jusqu’à la place. Nous passons chez sœur Mado pour leur confier la somme transmise pour «coup de cœur ».
Avant de se donner rendez-vous à l’aéroport, nous décidons d’aller rendre visite au docteur Timothée et son projet de centre médical. Il nous reçoit avec joie et nous sommes impressionnés par l’ampleur du projet. La charpente métallique, le toit et la dalle en béton sont déjà posés partout. Certains bureaux sont déjà fonctionnels. Le centre est situé à mi-chemin de l’aéroport et est un vrai coin de paradis. Nous devons vite le quitter (son épouse n’arrivera que plus tard), pour rejoindre le bureau d’enregistrement. Nos bagages ayant déjà été enregistrés à la maison du centre ville. Sans problème, nous sommes guidés vers la salle d’attente avant d’être conduits sous le bambou où la brise et la fraîcheur de l’arbre en font un endroit VIP.
Nous y rencontrons différents pasteurs de la ville et même l’évêque catholique en déplacement. Comme VIP, nous avons le privilège d’arriver les premiers pour nous réfugier sous les ailes de l’avion. En allant saluer les membres russes de l’équipage, ils nous proposent de venir avec eux dans le cockpit. Nous attendons à l’ombre que tous soient montés et nous avons les deux places derrière les 3 pilotes, ils sont sympathiques et pour la première fois de ma vie je peux vivre un décollage de l’avant de ce genre d’appareil, pour faire escale à Kananga pour faire le plein. Et dans la deuxième partie nous resterons debout au décollage comme à l’atterrissage pour vivre les impressions pleinement. Ces pilotes sont vraiment forts, surtout sur des pistes de cailloux comme à Lodja. Même si les sièges n’ont pas le même confort, on est aux petits soins pour nous (boisson et eau à volonté).
Nous arrivons vers 17h00 à Kinshasa, et sommes dehors 30 minutes plus tard. Les pasteurs nous attendent, mais nous leur demandons de rester pendant que nous rentrons ranger nos valises et constater qu’Ivor Douglas (d’UK) est déjà là et loge dans la chambre réservée à Valérie. Michel et Albert partageront le même lit pendant 4 jours ! C’est une grande joie de revoir Maman Ndona qui arrive le même soir de Paris. C’est autour d’une table que nous terminons la journée pour aller dans notre… dortoir et nous préparer pour la journée de demain.
Dimanche 17 janvier 2010
En ce dimanche matin, de nombreuses communautés (ou groupes se réclamant du christianisme) se retrouvent. Nous sommes invités dans deux communautés apostoliques de la capitale. L’une située à Masina (Amibon où Michel prêche et Valérie se présente); l’autre une nouvelle église qui s’est rattachée à l’église du pasteur Kiala. (Albert) On dépose d’abord nos représentants français à Lemba avant de prendre la route vers N’giri-N’giri pour le culte dans cette jeune église. On remarque par les danses que plusieurs viennent de la région de Mbuji-Mayi, cela ne peut tromper les habitués du pays.
Je rentre vers 13h00 et en prenant des nouvelles de Michel par le portable du pasteur Vandeke j’apprends que Valérie s’est fait arrêter par la police en prenant une photo. Michel me rassure vers 13h40. Elle a été relâchée et ils reviennent vers 15h40. L’attente a été longue et les explications arrivent. En sortant de l’église et en prenant la voiture, Valérie a pris une photo de la maison à côté et s’est de suite fait prendre par un agent en civil (qui devait la surveiller), le poste de police étant juste à l’autre coin de la rue. Elle s’en sort avec une amende, beaucoup de palabres et la confiscation de sa carte mémoire de 2 G que le pasteur Vandeke ira récupérer l’après-midi.
Après un délicieux repas de midi (après une semaine de vie de brousse, je ne me rappelais plus le goût des concombres et de la vinaigrette), nous avons une entrevue avec Ivor Douglas et le pasteur Damien qui viennent aussi de célébrer des baptêmes. Soutenue par le Royaume Uni, cette branche de l’église apostolique fait un travail très intéressant dans le pays et implante des églises (elle en compte 54 à ce jour). Ils ont aussi acquis un terrain à un prix intéressant, mais sur Kinshasa. Nous partageons sur nos visions similaires et sur les possibilités de travailler ensemble. Nous terminons par un moment extraordinaire de prière pour le pays et que l’Esprit de Dieu le touche.
Pendant cette rencontre, nous recevons de nombreux coups de fil et la visite de Willy Kazadi, nous sommes obligés de le recontacter pour arranger le programme de cette semaine, de même les frères du Centre Josué viennent pour mettre sur pied le programme qui commencera ce mardi.
Programme pour demain : R E P O S !!!
Merci Seigneur pour cette journée, et bravo à Valérie pour sa première journée J !
Lundi 18 janvier 2010
R E P O S !!!!
Vraiment ? Eh bien, la nuit fut un peu mouvementé par des diarrhées (Valérie et moi-même). Je connais un endroit qui a reçu beaucoup de visite cette nuit ! C’est donc avec calme que la journée a commencé. Tout le programme a été dégagé pour nous permettre une journée de repos.
Michel va visiter la maison de sœur Ndona dans le quartier de Ngaliema avec son grand jardin. Il en profite pour prendre de belles photos.
Je ne suis pas en grande forme et vais me reposer.
Vers 14h00, le cousin de la maison arrive pour amener les autres dans un endroit touristique. Le premier endroit est La Grillade de Poissons, un petit resto typique, mais Ivor, notre missionnaire venu d’Afrique du Sud, n’a pas le courage de les manger. Une boisson fraîche lui suffira. Après un long moment d’attente, ils vont aller plus loin (plus de 50 km de la gloire).
Pendant ce temps nous recevons la visite du docteur Francine. Elle profite de me donner des conseils sur ma santé. Comme les autres sont en route, nous restons et partageons les nouvelles. Cela me rappelle les bons moments passés ensemble lors de notre précédent voyage.
Ce n’est que vers 20h40 que la voiture ramène Michel, Valérie et Ivor. Contents de leur journée, mais le voyage a été long. On charge les photos, les films. Les images sont belles, le tour sur la pirogue (avec les chaises bleues et blanches) reste un moment marquant.
C’est déjà demain que nous entamerons notre troisième étape, la formation au Collège Biblique Josué. Trois jours de formation qui couronneront la formation de trois ans qui a aidé de nombreux disciples à être équipés pour le service.
Mardi 19 janvier 2010
Finie la journée de repos ! Nous voilà à nouveau pleinement engagés dans un programme très chargé.
Tout est en ordre dès 8h00 pour notre journée au Centre Biblique de Josué lancé par le pasteur Muntu dans son église à l’Est de la ville. Il nous faut plus de 40 minutes pour y parvenir (24 km de l’autre côté de la ville). Un chauffeur vient nous chercher.
De 9h00 à 12h00, nous les amenons dans le thème du Royaume de Dieu. Albert commence avec la première prédication de Jésus et la nécessité de changer de mentalité et de se repentir «car le Royaume de Dieu est proche». Nous prenons un temps de prière pour recevoir de Dieu la mentalité du ciel pour être ses témoins et ses ambassadeurs. C’est un moment marquant et l’impact est grand.
Michel prend la deuxième partie en nous amenant dans l’Ancien Testament à la recherche de la pensée de Dieu concernant son Royaume. Valérie donnera un mot de salutation. Elle est agréablement surprise de voir que ce sont les responsables du centre qui lui ont demandé de le faire.
Juste une parenthèse. Comme depuis trois jours je n’ai pas pu envoyer le journal du voyage, je sors pour aller envoyer mon mail à mon épouse, mais j’ai la surprise de devoir faire plus de 6 km (en voiture heureusement) pour trouver un cyber qui m’aide à le faire.
Nous terminons peu après 12h00 et nous sommes attendus dehors avec 4 chaises bleues où l’on nous sert une boisson. Le dîner suivra dans une salle annexe préparée par la sœur Yvette qui a un véritable talent culinaire. L’ananas bien mûr nous rappelle ceux de Lodja.
Le temps de revenir (le trajet nous prend plus d’une heure, car c’est une heure de pointe dans la ville) et il est déjà 14h45. Juste une petite sieste et déjà les pasteurs nous attendent sur la terrasse pour une rencontre du Conseil Spirituel.
Nous sommes là pour leur faire le rapport de notre voyage à Lodja et nous leur détaillons avec précisions les bénédictions du Seigneur. Dans ces moments, nous partageons les joies, mais nous faisons aussi le bilan sur les situations qui n’ont pas pu aboutir ces derniers mois. Quelques sujets sont plus délicats (surtout quand il s’agit de discipline à mettre en œuvre). Nous ne prenons pas de décisions, mais nous partageons dans la prière pour trouver le chemin du Seigneur dans chaque situation.
Vers 18h00, nous nous séparons pour ce jour et nous nous donnons rendez-vous pour demain.
Nous passons alors un dernier moment avec Ivor, notre missionnaire anglais qui travaille en Afrique du Sud. Demain, il reprend l’avion après une mission qu’il estime très positive.
Mercredi 20 janvier 2010
Nous voilà au mercredi 20, et c’est la dernière journée du pasteur Ivor de Grande Bretagne. On se sent de plus en plus proche et on termine par un moment d’humour et de joie. Merci Seigneur pour son travail en RDC.
Le programme de la journée est bien chargé. Dès 8h15, nous prenons la route de Mikondo (Centre Josué) et le trajet prend plus de 50 minutes. Le trafic, comme à son habitude, est très chargé à Kinshasa. Des travaux routiers ont amélioré certains tronçons, mais le trafic est encore loin d’être fluide.
Après un court moment de louange où Valérie prend part à la chorale, Michel prend la première partie en parlant de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Le temps passe vite et nous avons l’impression de ne pouvoir exprimer qu’une partie de ce qu’on voudrait communiquer.
Lors de la pause, on est surpris par une panne de courant (c’est la deuxième fois en deux jours à Mikondo), et sans micro, nous prenons le temps de développer l’adoration. Ils ont bien appris les nouveaux chants, mais cela ne suffit pas. Ensemble en équipe, nous les conduisons dans un moment d’adoration. Le groupe qui anime la louange a beaucoup apprécié et demande à Valérie de les aider à développer cet aspect.
Je prends la deuxième partie en décrivant au tableau le schéma du Royaume de Dieu au travers de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, je croque le schéma au tableau, pour mieux aider à comprendre que le Royaume de Dieu est proche, mais que sa réalisation pleine sera accomplie au retour du Seigneur.
Le temps passe vite et il est déjà midi. Nous passons alors à la restauration et le repas. Nous nous hâtons pour ne pas arriver trop tard et nous permettre de prendre un peu de repos avant la seconde rencontre avec le Conseil Spirituel de l’église centrale de Kinshasa.
Prévue à 15h00, la réunion commence avec près d’une heure de retard. Nous devons traiter de problèmes divers (en 18 mois d’absence, il y a beaucoup de questions à aborder). La question de discipline est très nécessaire dans le travail d’une église qui grandit et veut se conformer à la Parole de Dieu. Nous devons l’utiliser avec fermeté, mais avec amour. Je tiens à remarquer que nous ne sommes pas venus pour l’exercer nous-mêmes, mais pour aider nos frères à décortiquer les situations où, même en Europe, une aide extérieure serait nécessaire.
Les pasteurs font preuve de sagesse et d’une grande écoute. Un des pasteurs vient nous dire que nous les aidons beaucoup à sortir de situations difficiles. Merci Seigneur, car nous avons vraiment besoin de son aide.
Demain, nous rencontrerons toutes les parties concernées avant de prendre les mesures nécessaires.
Jeudi 21 janvier 2010
Et Voilà, je reprends mon journal, mais il est bien tard pour moi. Alors si vous n’êtes pas embêté par toutes mes histoires et mes impressions sur ce voyage, je vous laisse découvrir notre 16ème journée de voyage.
C’est notre dernier jour de formation au Centre Biblique Josué; ce qui conclut le cycle de formation des participants. Après trois ans, ils recevront un certificat du Centre.
Michel commence la matinée tout en continuant sur le thème de notre série. Il interpelle chacun afin de nous faire réaliser l’importance de vivre selon les critères du Royaume de Dieu. Nous voyons des responsables attentifs qui prennent des notes.
A la pause, un des leaders du centre demande à un visiteur d’animer le moment de l’offrande. Il fait exactement le contraire du message de Michel. Je ne peux retenir mon désir de les voir progresser et je commence mon intervention en mettant en doute certaines pratiques dans les églises (notamment la demande d’argent), en les confrontant avec la recherche première du Royaume de Dieu. C’est un moment fort ! Mais à mon grand étonnement je reçois des applaudissements. Je peux ensuite finir ma partie sur le Royaume.
Pour le repas de midi, nous sommes obligés de les quitter, car la réunion de confrontation se fait à 14h30 avec tous les représentants de la région où se vivent les tensions.
Inutile de dire que la sieste ne fut pas très longue, et déjà les premiers sont là. On commencera avec un retard de 45 minutes.
Vient ensuite un moment où Michel nous exhorte à suivre le modèle biblique pour le choix des responsables (selon 1 Timothée). Nous prenons le temps de voir chaque partie l’une après l’autre pour entendre des versions parfois très variées d’une même situation.
Le défi de mettre de l’ordre dans l’église est évident. Il faut savoir agir avec autorité tout en exprimant l’amour de Dieu. On sent que plusieurs ont des comportements dysfonctionnels, mais ils ne se rendent pas compte de l’impact spirituel et humain de ceux-ci.
Pour le bien de toute l’église une décision est prise pour une discipline accompagnée d’un cheminement pour que le groupe trouve un chemin de réconciliation et se reconstruise. Nous terminons après 5h00 de réunion par une prière déchirante pour réclamer la pitié et la grâce du Seigneur.
Nous sortons de cette réunion épuisés et attristés des dégâts causés par l’ennemi de nos âmes.
Vendredi 22 janvier 2010
Après ces trois jours de formation, c’est à Valérie de prendre le relais. Elle part avec Michel pour la rencontre des mamans de Mikondo. Elle est aussi réjouie de voir les progrès du groupe de louange: celui-ci a appris le chant qu’elle leur a donné la veille (Je te donne mon cœur). Le groupe nous a sollicités pour recevoir régulièrement des chants en français ou en anglais. Les choristes connaissent déjà des chants d’Exo, mais leur répertoire est assez limité. Ils désirent traduire ces chants dans les langues du pays pour que les chrétiens puissent chanter avec eux. Ils ont apprécié qu’on les aide pour le choix des chants appropriés aux moments de louange et d’adoration. Ils ont aussi redécouvert que l’objectif de la louange est de faire entrer les chrétiens dans l’adoration.
La réunion a rassemblé plus de 60 femmes. Valérie reprend le verset : « Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche. A partir de là, elle développe le thème du changement de mentalité. La repentance n’est pas liée seulement au péché, mais à un changement de nos habitudes, comportements, pensées… pour arriver à l’image de Christ.
Elle aborde aussi les obstacles (selon Gal 5) à ce changement, Valérie invite chacune à s’éprouver, afin de demander au Seigneur d’être purifiée de ces choses et d’accepter de vouloir changer. Une action doit toujours avoir sa source dans un cœur transformé.
Dans le Royaume, nos désirs, nos soucis doivent passer après la recherche première du Royaume, c’est cela la confiance en Dieu.
Michel a ensuite donné un court message aux mamans (Gen 2– avec la notion de la création d’une aide, d’un vis-à-vis). Suit un moment de prière général pour toutes les mamans. Le pasteur Muntu a ensuite appelé 4 mamans de langues différentes pour prier pour les deux orateurs et pour la France.
Vient ensuite le moment de communion fraternelle et le repas avec plusieurs pasteurs. Vers 14h10, ils prennent la route vers l’orphelinat (Les Enfants Prodigues), situé dans une petite maison plus loin que le quartier de Mikondo. Ce foyer accueille une trentaine d’enfants, mais ceux-ci sont encore à l’école et nous promettons de revenir les voir demain pour leur offrir les cadeaux.
Nous visitons les chambres équipées de lits (ils dorment à deux par lit). Les cinq enfants présents sont bien portants et sont visiblement heureux d’y être (certains ont exprimé qu’ils ne voulaient pas retourner dans leur famille éloignée). Le responsable se nomme Elgide, il est pasteur et a reçu cet appel. On les appelle parfois les « enfants sorciers», car on leur attribue toute une série de malheurs dont ils seraient (à tort) la cause. En partant, Michel propose de prier pour les enfants.
Les deux Français reviennent vers 17h00 pour repartir de suite pour l’église du pasteur Kiala, où Albert doit apporter le message lors de la réunion de prière. Malheureusement, en cours de route, nous recevons un coup de fil, car la pluie tombe sur Kinshasa et rend la réunion impossible, nous rentrons donc plus tôt que prévu.
Samedi 23 janvier 2010
A mon arrivée à l’Eglise du pasteur Kiala, la louange résonnait aux rythmes typiquement Congolais. Les femmes dansaient et chantaient Jésus leur sauveur. Après de brève présentation, les femmes étaient toutes prêtes pour écouter ce que le seigneur avait mis sur mon cœur. Le thème central était toujours le Royaume de Dieu. Son accession, la nécessité de devoir changer mentalité, les pensées et l’importance d’être des témoins auprès des personnes que Dieu place chaque jour à nos côtés. Nous devons changer de l’intérieur pour avoir un impact à l’extérieur. Valérie
Peu après le départ de Valérie, le pasteur Muntu vient nous chercher pour notre promenade journalière (une heure aller, par une chaleur humide). C’est en effet le grand jour pour le Centre Josué. Débuté il y a trois ans le Centre Biblique a surpassé les épreuves pour se développer et aboutir à ce jour à la remise de plus de 40 diplômes du Satellite Bible Collège d’Afrique du Sud que dirige notre missionnaire danois Erling Rasmussen.
Après les discours de circonstance, et le mot du visionnaire et des parrains (dont nous sommes), une grande joie se manifeste dans toute la salle pour les 40 diplômés. La plupart sont pasteurs ou travaillent déjà pour le Seigneur et n’ont pas eu le moyen de suivre une formation de qualité. Merci Seigneur pour tout le travail effectué.
Après la cérémonie, nous avons aussi la joie de découvrir le travail accomplis depuis les trois ans de la fondation du Centre. Ils ont ouvert une école gratuite pour les enfants non-scolarisé du quartier. 250 enfants avec 6 classes, donnés par des instituteurs en attente d’une reconnaissance.
Nous allons aussi prendre un moment de partage et de prière avec le groupe de louange. Nous les encourageons à continuer dans leur progrès et à se donner au Seigneur pour conduire dans l’adoration.
Vers 15h00, nous quittons le centre pour revenir vers la ville et visiter l’orphelinat « Les fils prodigues» pour rencontrer les enfants. C’est une grande surprise qui nous attend. Dans le jardin de la maison, dans la petite classe, près de 30 enfants sont là de 4 à 14 ans, accueillis par un couple. Les enfants sont heureux de nous voir et recevoir le cadeau de Valérie (une peluche… on pensait à des petits enfants), mais ils sont vraiment heureux et en retour ils nous chantent quelques chants et récitent des poèmes, témoignages et versets. Nous avons les larmes aux yeux. Je suis particulièrement frappé par l’amour du papa responsable (appelé papa pasteur). Son amour pour les enfants est visible et tout se passe dans une grande liberté et dans un grand respect, malgré le fait que l’un d’eux présente un léger handicap.
On ne sait pas trop quoi dire, mais nous prenons un temps de prière où chacun de nous aura l’occasion de leur laisser un encouragement et une parole d’affection. Nous les quittons le cœur gros, sans laisser aussi un petit cadeau en espèce. Nous revenons à la maison, il est 18h00.
Dimanche 24 janvier 2010
Départ de notre domicile vers 8h30, après quelques déboires (crevaison et réparation, ensablement à quelques km du lieu de culte), nous arrivons le pasteur Fanfan et moi-même à l’église vers 10h40. A notre arrivée, il n’y a qu’une bonne vingtaine de personnes. La louange a déjà commencée et durera jusque 11h40. Au fur et à mesure de la louange, des chaises sont apportées et l’on se retrouve à une bonne centaine d’adultes ! La louange est africaine, c’est-à-dire bien rythmée, cependant des chants appellent à un recueillement (ne comprenant pas la langue, je me fie à la musique et aux réactions de l’église), je me sens à l’aise. Après les présentations de l’orateur en Lingala, on me donne la parole en me disant que je peux prêcher jusque 14h25, mais j’arrêterai vers 12h 40, cela me semble bien suffisant. Le thème développé : « Notre marche vers notre destinée ». L’église entière est attentionnée et participe activement. Au départ, séance de photos obligatoire avec les pasteurs, les anciens, diaconesses, … Je repars (en voiture ?) sans encombre retrouver Albert et Valérie. Michel
C’est en effet une journée qui commence un peu difficilement, mais les ennuis seront vite oubliés après les visites des différentes églises. Avec Valérie, nous visitions d’abord une église à Matete que nous atteignons avec un taxi (un peu rude, mais sûr) en compagnie du pasteur Vandeke. Après qu’ils aient réglé le problème de la sono (retard de 30 minutes), je commence à prêcher sur le Royaume vers 10h15. L’église vient de changer de place (problème de location) et les chrétiens sont un peu moins nombreux. J’ai juste le temps de terminer par un double appel que déjà il est 11h00. Je préviens le pasteur Willy qui est dans le quartier mais qui a perdu le chemin.
Après 20 bonnes minutes de trajet nous arrivons enfin dans l’église «Les ouvriers de Dieu» dirigée par le pasteur Willy.
Nous sommes frappés de les trouver tous à genoux en train de prier en nous attendant, il règne un esprit de prière et de foi et je sens qu’ils sont prêts pour recevoir la parole de Dieu. Après la présentation de Valérie, je parle aussi du thème de notre voyage. Il est tellement important de voir les cœurs être établis dans la Parole de Dieu et de voir ceux-ci s’affermir en Christ. Après un appel à la conversion où de nombreuses personnes se lèvent, nous prenons un temps pour la prière individuelle. Nous prions pour chacun, moi pour les hommes, Valérie pour les femmes. Le seul problème c’est que le nombre de femmes est beaucoup plus élevé dans cette église et Valérie doit prier pour deux personnes à la fois. On sent une grande dignité et un grand respect dans cette église, et un grand amour pour le Seigneur. Nous terminons le culte lorsque Michel nous rejoint, il donne encore un petit mot de salutations, avant d’aller nous rafraîchir dans la maison annexe de l’église. Il est près de 13h30, mais la réunion n’est pas finie, les « mamans » attendent que Valérie vienne aussi apporter une parole. Une soixantaine de mamans assistent à la réunion qui se termine une heure plus tard. Nous allons ensuite manger dans un resto de la ville. Pour la première fois, Michel et Valérie goûtent du crocodile et Albert de l’antilope (hum que c’est bon !).
Lundi 25 janvier 2010
Ce matin, Valérie fait des heures sup ! C’est elle qui part seule avec le pasteur Kiala pour une rencontre de « mamans » dans les locaux d’Amibon du pasteur Vandeke. Après un long moment de louange (certaines femmes viennent de loin ou travaillent très tôt), elle apporte sa contribution au thème du « royaume de Dieu». Elle sent que cela passe bien, prend des exemples très concrets pour montrer comment vivre la réalité du royaume dans ce monde et comment vivre selon l’Esprit pour remporter ses propres victoires sur la chair.
Valérie ressent que les femmes sont interpellés par ce qu’elle apporte. Elles ont manifesté leur désir de poursuivre le thème lors de leurs prochaines rencontres de mamans.
La réunion s’est terminée vers 12h30 après un moment de louange. Michel et Albert sont restés à la maison ce matin pour préparer la réunion du Conseil Spirituel de cet après-midi. Michel sent le besoin de marcher un peu pour fortifier son dos. Nous partons donc vers 10h30 en profitant d’aller faire des photocopies à 2 km de la maison. Le temps est lourd, mais supportable. A la sortie du magasin, nous réalisons que le temps est en train de changer et que le vent se lève.
Malheureusement il est déjà trop tard et nous n’avons pas le temps de revenir à la maison… au sec. Nous sommes surpris par une courte pluie tropicale qui nous trempe de la tête aux pieds.
Ce midi, repas léger (tartine quoi
A 15h00, personne en vue, nous attendrons 15h45 pour commencer la rencontre du Comité Spirituel afin d’affiner notre rencontre de la semaine passée et de prendre les décisions finales.
Nous sentons que l’église progresse dans sa structure, mais avant de changer le bureau (c’est-à-dire de président, secrétaire et trésorier), il nous faut d’abord traverser la période de crise actuelle et se doter de règlements intérieurs pour progresser dans un fonctionnement plus efficace.
Nous sommes très contents de la rencontre d’aujourd’hui. Les frères avancent bien. Les progrès sont évidents. Demain, ils ouvriront un compte bancaire pour fêter la nouvelle gestion financière de l’église.
Nous terminons vers 19h00, en se remettant à Dieu pour le projet de réconciliation et la suite de la mise en place des nouvelles structures.
Mardi 26 janvier 2010
Nous voilà enfin pour aborder notre journée libre (notre deuxième journée depuis le début du voyage). Nous profitons d’un lever plus tardif pour nous préparer à notre planning allégé.
Le cousin de maman Ndona (Bienvenue) vient nous chercher pour notre petite virée au centre ville. Nous commençons par le marché pour y trouver nos repères. Grâce à sa présence, nous évitons bien des pièges et peu à peu nous nous sentons plus à l’aise. Nous n’achetons rien lors de cette première visite. Nous faisons juste une liste des objets souhaités.
La surprise du jour (venant de la part de Michel), est la visite de son petit neveu par alliance habitant Brazza. Vers 11h00, il nous signale qu’il a passé le fleuve et qu’il se trouve au Beach (nom du lieu d’embarquement pour tous les passagers et les marchandises provenant de Brazzaville). A notre grand étonnement, c’est un grand et fin garçon de 30 ans qui nous rejoint. Nous passerons une bonne partie de la journée avec lui à la découverte de cette nouvelle famille de Michel.
Nous retournons donc au centre ville, en passant d’abord par le marché aux arts pour trouver les cadeaux nécessaires à notre retour. Encore une fois grâce à notre ange gardien (grand costaud bien musclé, n’ayant aucune crainte des « soldats mendiants» comme il dit), nous commençons nos achats pour passer par les trois stades des tractations.
La première consiste à ne pas sortir de billets et à tout regarder, pour nous une idée. La deuxième commence lorsque nous sortons le premier billet et où chaque vendeur veut qu’on passe chez lui (un couloir de table d’exposition de 50 m de long). La troisième étape est plus tumultueuse. Elle commence lorsqu’après plusieurs achats, certains vendeurs se rendent compte que nous ne passeront pas chez eux. Bref, un régal, mais aussi quelques tensions Nous sommes soulagés d’en sortir.
Nous allons ensuite faire un tour dans le marché lui-même pour acheter les tissus et autres à un prix raisonnable (heureusement que notre ange à le sens des affaires).
Pour fêter la rencontre avec son géant petit neveu, Michel nous amène dans un «Quick» du coin où l’on se régale comme de bons européens. Nos amis ne semblent pas désapprouvés nos goûts.
Mais déjà il faut revenir à la maison et se dépêcher pour le ramener au Beach pour le retour à Brazza. Malheureusement il rate le ferry de 16h00 et prendra le suivant, moyennant une lourde amende administrative. Cette expérience fera dire à Michel qu’il n’est pas encore prêt à reprendre ce bateau où la chicotte est encore de rigueur.
Mais nous devons nous préparer pour le retour. Safari vient déposer la boîte frigo pour que nous puissions prendre des fruits. Malheureusement, à cause de son trajet vers Marseille, Valérie ne pourra pas prendre un seul fruit dans ses valises (désolé Valérie, mais c’est interdit).
Mercredi 27 janvier2010
Nous nous levons avec quelques pincements au cœur. C’est la dernière journée et nous savons que les adieux seront déchirants. En effet si selon l’expression «partir, c’est mourir un peu», les adieux ici se prolongent et nous passeront la journée en «soins palliatifs», sans arrêt entourés et l’objet de douces attentions.
Dès le matin le chauffeur de Safari est envoyé au marché pour acheter les fruits qui rempliront notre boite frigo. C’est donc qu’après 11h00 que nous pouvons nous déplacer pour aller faire enregistrer nos valises.
Ce sont les adieux avec Maman Ndona. Nous lui exprimons combien elle est été pour nous une bénédiction. Puis en route vers le dépôt de Brussels Airlines, les démarches d’enregistrements se passent bien et nous sortons de là pour midi. C’est l’occasion de voir Mira et son bébé pendant 10 bonnes minutes (en plein soleil, de quoi prendre encore quelques couleurs). C’est la première fois qu’on ne se voit pas plus longtemps. A bientôt Mira. On ira voir ton école la prochaine, car nos ados aimeraient soutenir un projet pour 2010. Nous partons avec le pasteur Kiala pour la maison du pasteur Paul Nzambi. Son épouse est revenue d’une visite au village et depuis, elle a été très malade, a perdu des kilos et nous y allons pour prendre un moment de prière.
Elle nous a préparé un repas de fête et nous rencontrons ses petits enfants sur place et faisons connaissance avec sa famille à Verviers via la vidéo.
Après le repas, le groupe du CBA nous rejoint pour parler de leur travail sur Kinshasa et à Kikwit et dans la région. Nous sommes étonnés de leurs progrès depuis trois ans. Ils ont aussi commencé une école Josué à Kikwit avec plus de 300 participants, faisant même concurrence à la formation des Assemblées de Dieu. Ils nous rassurent que le conflit est maintenant réglé.
Nous parlons sur la nécessité de lancer des projets qui amènent à l’autonomie financièrement en commençant par l’agriculture et l’élevage. Nous recevons les rapports de leurs activités.
Vers 18h00 nous rencontrons le Conseil Spirituel pour le bilan et la signature des documents nécessaires pour le dossier. Notre partage est très riche et nous faisons un bilan positif de notre visite, malgré la mesure disciplinaire.
Le moment des adieux est bref mais émouvant, nous embarquons pour un vol sans problème via Douala pour arriver à Bruxelles vers 7h15 où nous laissons Valérie continuer son voyage vers Marseille. Merci Seigneur pour cette expérience merveilleuse. Photo de l’atelier de couture commencé en 2008 |

